Chaudes-Aigues, en terre de Caldaguès
Gérard Charbonnel
15110 Chaudes-Aigues
(Cantal)
Aux confins sud de l'Auvergne, près des gorges de la Truyère, en terre Caldaguès, Chaudes-Aigues, petite station thermale verte profite des bienfaits de ses sources, réputées pour être les plus chaudes d'Europe.
Chaudes-Aigues, " les eaux chaudes ", se love dans le vallon du Remontalou, dans cette région du Caldaguès qui descend vers le sud et l'Aubrac. La station thermale et touristique est souvent plongée dans une atmosphère de sauna, entretenue par ses nombreuses sources chaudes au débit généreux ( l'eau ne jaillit pas en ébullition mais sa température atteint 82° C ).
Connues depuis l'époque gallo-romaine mais ne s'étant guère imposées durant les siècles pour leurs valeurs curatives, les eaux servirent très tôt pour des usages domestiques : un système de chauffage urbain fut établi dès l'Antiquité, les Caldaguès ( nom des gens du pays ) ne se ruinèrent pas pour vivre au tiède dans leur maison. La mise en valeur médicale des eaux se fit longtemps attendre, le pays étant autrefois difficile d'accès.
Avant que n'arrivent rhumatisants et victimes de sciatiques tenaces, l'eau de la brûlante source du Par ne servit guère qu'aux ménagères qui selon jours et humeurs, y cuisaient des œufs, y plumaient quelque volaille ou y lavaient leurs lainages.
La cure à Chaudes-Aigues se développa sans fracas avec l'arrivée du chemin de fer à Saint-Flour, un nouvel essor étant donné au cours des années 1960 avec la reconstruction de l'établissement thermal. Alimentant étuves, douches et baignoires, la source du Par débite quelque 5.000 hl d'eau à 82°C par jour.
Jamais défaillante, elle alimente ainsi la chauffage central du gros bourg où de vieilles statues de saints veillent les rues dans des niches vitrées. Chacun des huit quartiers y a d'ailleurs son " patron " dont la fête est marquée par une procession.
Chaudes-Aigues, mises à part ses eaux chaudes, compte un édifice de belles dimensions, l'église Saint-Martin-et-Saint-Blaise, essentiellement gothique avec toutefois quelques relents de Renaissance. Elle abrite des stalles du XVIè siècle et renferme les attributs de la Passion ( XVIIè ) que les pénitents promènent dans la ville, allant processionnellement d'un saint en niche à l'autre.
A l'écart du bourg, sur la route de Saint-Flour, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié héberge de nombreux ex-voto et une " statue miraculeuse " que les malades de la région venaient prier.
Gérard Charbonnel - www.zest-auvergne.com
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